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Travail et confinement. La CGT recueille des dizaines de milliers de témoignages

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La CGT des Ingénieurs, Cadres, Techniciens, et Agents de maitrise (UGICT) publie un rapport inédit suite à une enquête auprès de plusieurs dizaines de milliers de travailleurs confinés.

TÉLÉCHARGER LE RAPPORT COMPLET DE L’UGICT-CGT

Selon l’UGICT CGT l’enquête fait ressortir :

  • La diversité du vécu des salarié·es en fonction de leur catégorie : le travail sur site concerne majoritairement les ouvriers/employés (61 %) tandis que 70 % télétravailleur·ses sont cadres et professions intermédiaires.
  • Les risques majeurs auxquels sont exposé·es les salarié·es qui continuent à travailler sur site. Une large majorité sont en contact avec du public et/ou avec de nombreux collègues et/ou avec des surfaces souillées, avec des facteurs de risque qui concernent davantage les ouvriers/employés et les femmes. Pourtant, 13 % des salarié·es qui ont continué à travailler en présentiel sont des personnes vulnérables et 26 % cohabitent avec des personnes vulnérables.
  • L’insuffisance flagrante des mesures de protection : seul·es 21 % des salarié·es considèrent que les mesures de prévention sont totalement suffisantes pour les protéger. Dans le détail, 40 % des salarié·es disent n’avoir pas eu suffisamment de masques ou de gants, 63 % qu’il n’y avait pas de mesure d’éloignement immédiat pour toute personne malade et collègue en contact, 93 % qu’il n’y avait pas d’alternative à l’utilisation des transports en commun
  • Alors que nombreux sont ceux qui l’ont payé de leur vie, ces risques auraient pu être limités : 3 salarié·es sur 10 considèrent que leur activité n’est pas ou peu essentielle, 10 % qu’elle aurait pu s’exercer en télétravail.
  • La mise en place d’un télétravail “en mode dégradé” : un tiers des télétravailleurs n’ont pas été dotés par leur employeur en équipement informatique, près de 80 % ne disposent pas de droit à la déconnexion, 97 % n’ont pas d’équipement de travail ergonomique, un quart n’ont pas d’endroit ou s’isoler et un tiers, notamment les femmes, doit télétravailler tout en gardant les enfants.
  • …Qui génère d’importants risques psychosociaux : 35 % des télétravailleurs se plaignent d’une anxiété inhabituelle et près de la moitié de douleurs physiques
  • Une augmentation du temps et de la charge de travail, notamment pour 40 % des encadrant·es
  • Un bilan confirmé par l’encadrement : interrogé sur les mesures mises en place par les employeurs, les encadrant·es ont confirmé les tendances données par les salarié·es directement concernés. 55 % considèrent que la poursuite d’activité en présentiel constitue un risque de contamination des salarié·es et de la population, 3 sur 10 que les activités en présentiel pourraient être limitées. Ainsi, près de 30 % indiquent que s’ils avaient disposé d’un droit d’alerte, de refus et de proposition alternative relatif à la situation sanitaire ou aux normes professionnelles, ils auraient été amenés à l’exercer depuis le début de la crise !
  • La surexposition des femmes : davantage exposées aux risques car occupant les métiers en contact avec le public, 36 % des femmes ont subi une hausse de la charge de travail (contre 29 % des hommes) alors que la fermeture des écoles s’est traduite pour 43 % d’entre elles par plus de 4h de tâches domestiques supplémentaires. Le confinement a été facteur de tensions pour 20 % des couples, et de violence pour 2 % des répondant·es
  • Les salarié·es ont déjà payé la crise : 55 % des cadres ont ou vont perdre des jours de RTT, 57 % des salarié·es en chômage partiel ont perdu des revenus, un tiers des salarié·es du privé considèrent que leur emploi est menacé
  • Un rôle clé joué par les représentant·es du personnel malgré le manque de moyens mis à leur disposition.

Pour la CGT, il y a urgence de changer de braquet pour réussir le déconfinement.

Protéger/tester/isoler…pour de vrai : Pas question que l’encadrement soit, comme aujourd’hui, sommé d’assurer la reprise de l’activité sans moyens et de se « débrouiller » quant aux mesures de sécurité ! Notre enquête démontre à quel point le “Protéger/Tester/Isoler” du premier ministre n’a pas été respecté durant le confinement, ce qui explique que le nombre de contamination ait continué à grimper…

Des négociations dans toutes les entreprises pour réguler le télétravail et faire appliquer le droit : prise en charge de tous les équipements et frais de connexion par les employeurs, droit à la déconnexion et respect du temps de travail, prévention des violences et protection des victimes

Le droit à un arrêt rémunéré à 100 % pour tous les parents d’enfants de moins de 16 ans, y compris les télétravailleur·ses.

Un droit d’alerte suspensif, d’information et d’alternative pour permettre à l’encadrement d’exercer pleinement ses responsabilités et le renforcement des moyens des syndicats et représentant·es du personnel

Des mesures immédiates contre la crise économique et sociale : abandon des réformes de l’assurance chômage et des retraites, protection de nos entreprises contre les faillites…

L’ENQUÊTE :

  • 34000 réponses de tous statuts et secteurs professionnels dont une majorité de non syndiqué·es, recueillies en ligne entre le 8 et le 24 avril.
  • 100 questions pour appréhender l’ensemble des situations, télétravail, travail en présentiel ou arrêt d’activité.
  • Un angle spécifique aux salarié·es en responsabilité pour recueillir la vision de l’encadrement.
  • Une enquête construite et analysée avec les statisticien·nes professionnel·le.s de la Dares et de la Drees du syndicat CGT des ministères sociaux pour garantir une démarche scientifique rigoureuse.

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