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Fanny Lederlin. « Il est temps de reconquérir notre travail pour bâtir une société plus juste, plus viable, plus écologique »

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2 juillet 2020

Quel est le point commun entre un livreur à vélo, une agente d’entretien, un start-upper, une aide soignante et une « curatrice de contenus » ? Tous subissent les nouvelles modalités de travail imposées par la digitalisation, la robotisation et les méthodes contemporaines de management. Dans son livre « Les dépossédés de l’open space », Fanny Lederlin* révèle les mécanismes destructeurs de ce qu’elle nomme néotravail.

Partout, le néotravail étend son emprise : du bureau au domicile, notre open space s’est élargi, et nous ne pouvons plus échapper aux injonctions à « aller plus vite », à nous « adapter » et à « nous engager à fond dans nos projets ».

Vous pourrez lire notre entretien avec Fanny Lederlin dans le prochain numéro de Travailler au Futur à paraître à la rentrée.

Mais ce néotravail est en train de nous déposséder, non seulement de la valeur de notre travail mais aussi de nos capacités à créer, à nous lier les uns aux autres, à parler, à prendre soin de notre environnement, jusqu’à celles d’exercer notre propre jugement. Il fait de nous des « dépossédés de l’open space ».

Des effets dé-socialisants du travail à la tâche aux ressorts totalitaires du jargon d’entreprise, de la fragilisation du droit du travail à la dégradation environnementale et existentielle provoquée par les pratiques d’externalisation, Fanny Lederlin dresse un réquisitoire implacable contre ce néotravail qui nous dépossède des autres, de nous-mêmes, de la nature et du monde.

L’auteure nous interpelle. Peut-être est-il encore temps de reprendre possession de notre travail pour construire des rapports harmonieux avec les autres, avec nous-mêmes et avec la nature ? En retrouvant ses vertus médiatrices, socialisantes, subjectivantes et émancipatrices, cet « écotravail » contribuerait à faire advenir une société plus juste, plus viable, plus écologique.

Fanny Lederlin* s’est reconvertie dans l’étude de la philosophie après quinze ans de vie professionnelle dans le domaine de la communication. Elle est actuellement doctorante à l’Université de Paris.

« Les dépossédés de l’open space », PUF.

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